Passé très près du titre dans différentes catégories, Boris Carminati a usé de toute son expérience pour s’offrir sa première couronne en Clio R3T Trophy France. Le Montpelliérain revient sur cette libération et son prochain défi : le Rallye Monte-Carlo 2020.

Depuis ses débuts en 2002, Boris Carminati s’était bâti une belle réputation dans les parcs d’assistance. Après s’être rapidement imposé au volant d’une Renault 5 GT Turbo, l’Héraultais s’était attaqué à la Clio Cup Rallye, dont il terminait quatrième en 2005 et troisième en 2006 avant de s’illustrer dans d’autres coupes de marque.

En 2018, il retrouvait le Losange en étant le seul homme à battre Florian Bernardi au sein du Clio R3T Trophy France. Une performance le plaçant dès lors comme le principal favori pour le sacre cette année.

« C’est sûr qu’il y a toujours une pression liée au statut de favori », explique-t-il. « Nous étions attendus et il fallait répondre aux attentes de tout le monde, y compris celles de nos partenaires. Le premier rallye s’est vraiment bien passé. C’était une victoire importante, acquise au terme d’un de nos week-ends les plus aboutis de la saison. En gagnant d’entrée au Lyon-Charbonnières, nous avons transmis la pression sur nos épaules à nos adversaires... Mais elle est revenue après notre mésaventure au Vosgien qui nous a rapidement fait redescendre sur terre ! »

Alors qu’il occupait la tête après les quatre premières spéciales du Rallye Vosges Grand-Est, Boris Carminati commettait l’un de ses rares faux pas en abandonnant sur une sortie de route.

« C’était vraiment notre seule erreur du rallye », se rappelle le pilote guidé par Marine Lacruz à sa droite. « Tout se passait vraiment bien. Nous avions de l’avance, j’étais en confiance, il n’y avait eu aucune alerte… Je suis arrivé peut-être cinq km/h trop vite dans une courbe qui se refermait légèrement à l’entrée d’un sous-bois humide et nous avons fini dans les arbres. À vrai dire, je ne comprends toujours pas ! »

Toujours en tête du classement général, Boris Carminati faisait alors le pari d’emmagasiner de gros points sur les manches suivantes. Troisième au Rallye Aveyron Rouergue Occitanie, il prenait ensuite la deuxième place au Rallye Mont-Blanc Morzine dans une saison plus disputée que jamais puisque quatre pilotes différents l’emportaient lors des quatre premiers rendez-vous.

L’avant-dernière étape du calendrier au Rallye Cœur de France permettait à la course au titre de se décanter puisque Boris Carminati s’imposait devant Romain Di Fante, son dernier rival.

« Après le Vosgien, il a fallu être sérieux au Rouergue sans peut-être tout donner », analyse-t-il. « La rentrée au Mont-Blanc a lancé une belle dynamique et l’expérience a probablement fait la différence. Il fallait gérer les conditions au Cœur de France et cela nous a valu une victoire importante puisqu’elle nous a permis de reprendre un peu de marge tout en mettant un coup à nos adversaires. »

Les intempéries étaient également au rendez-vous au Rallye du Var. D’abord mené, Boris Carminati parvenait à reprendre les commandes sur une route détrempée avant l’interruption de la deuxième étape. Sa prestation contraignait toutefois son adversaire à prendre tous les risques pour le rattraper, sans succès.

« Ce titre est avant tout une belle satisfaction personnelle », se réjouit-il. « J’en ai été proche à plusieurs reprises plus jeune. C’est sûr qu’il vaut mieux gagner une formule de promotion à vingt-deux ou vingt-trois ans plutôt qu’à l’approche de la quarantaine, mais je suis vraiment fier ! »

« Dès le début de l’année, j’avais nommé Romain comme l’adversaire le plus coriace », poursuit-il. « Romain est un jeune qui va très vite. Nous le savions et il l’avait déjà prouvé dans le passé. Il a été rapide d’entrée, mais il lui a fallu deux rallyes pour éviter les fautes. C’est un garçon simple que j’ai vraiment été ravi de pouvoir affronter cette année dans une ambiance formidable avec tous les autres équipages. C’était une belle année au niveau de la concurrence, tant sportivement qu’humainement, et la liste serait longue si je devais en citer plus d’un ! »

Grâce à son titre, Boris Carminati sera présent au départ du Rallye Monte-Carlo 2020 (23-26 janvier) au volant d’une Renault Clio R3T. L’occasion pour lui de découvrir un nouveau défi.

« C’est un rêve que tout pilote français aimerait assouvir, je pense », conclut-il. « Nous essaierons de bien préparer ce rallye et de tout faire pour que cela se passe bien en étant encadré par une belle équipe. J’y vais sans aucune pression ni prétention de résultat puisque je n’ai pas d’expérience sur la neige. L’objectif sera de disputer ces quatre formidables journées de course et d’être à Monaco le dimanche ! »

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